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Gautier-Sauvagnac en garde à vue pour la caisse noire de l'UIMM

Reuters - il y a 2 heures 29 minutes

PARIS (Reuters) - Denis Gautier-Sauvagnac, ancien président de l'organisation patronale de la métallurgie UIMM, a été placé en garde à vue à la police financière dans l'enquête sur des retraits d'espèces de près de 26 millions d'euros présumés frauduleux entre 2000 et 2007, apprend-on de source judiciaire.

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Il s'est présenté à une convocation au siège de la Brigade financière, dans le XIIIe arrondissement, ont rapporté des témoins. La garde à vue peut durer jusqu'à jeudi au maximum.

Le parquet devrait ouvrir d'ici là une information judiciaire pour "abus de confiance", qui sera confiée à un juge d'instruction. Denis Gautier-Sauvagnac est susceptible d'y être mis en examen.

La police a établi que les 26 millions d'euros - dernier état du décompte - avaient été retirés à sa demande entre 2000 et 2007 sur les comptes bancaires de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), au nombre d'une cinquantaine.

Jusqu'ici, Denis Gautier-Sauvagnac n'a donné aucune explication précise sur l'utilisation de cet argent liquide, expliquant seulement aux policiers en marge d'une perquisition qu'il avait servi à "fluidifier les relations sociales".

L'hypothèse d'un financement de syndicats de salariés ou de corruptions ponctuelles de délégués syndicaux est examinée mais n'a pu être confirmée. Les principales confédérations ont démenti mais d'anciens syndicalistes ont dit dans la presse avoir connu ces pratiques.

La piste de la corruption politique est aussi prise en compte, d'autant que d'importants montants ont été retirés au moment des élections présidentielles de 2002 et 2007.

Des anciens dirigeants patronaux ont expliqué dans la presse de leur côté que les fonds secrets de l'UIMM étaient collectés pour aider les entreprises victimes de grèves.

La présidente du Medef a condamné les pratiques de l'UIMM mais annoncé qu'elle ne se constituerait pas partie civile.

Denis Gautier-Sauvagnac, qui était le principal négociateur du Medef, a quitté ses fonctions.

L'affaire a provoqué des critiques du PS, qui a remarqué que le procureur Jean-Claude Marin, qui a ouvert une enquête préliminaire le 26 septembre, l'a conservée sous son contrôle pendant deux mois, sans faire interroger Denis Gautier-Sauvagnac.

Le PS soupçonne le pouvoir de vouloir étouffer le dossier en utilisant le parquet sur lequel il a juridiquement autorité.

Le procureur, saisi par Tracfin - la cellule anti-blanchiment du ministère de l'Economie - s'est défendu en soulignant qu'il avait affecté six policiers sur l'affaire, qui ont réalisé une dizaine de perquisitions, onze auditions, ont placé sous scellés informatiques une quantité très importante de d'informations comptables.

Un seul usage frauduleux des espèces, relativement limité par rapport au total des retraits, a été mis au jour, des "primes" en espèces pour des dirigeants de l'UIMM non déclarées au fisc, ainsi que des "prêts" en espèces déclarés ou non déclarés aux mêmes personnes.

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